{"type":"document","data":{"id":"763ff1d3-ff1d-4298-bdde-7a7384fac3fb","localeString":"fr-BE","publishDate":"2023-04-04T11:45:42.154+02:00","contentType":"onecms:editorialPage","hasMacro":false,"flexPageMetadata":{"afmBanner":false,"robotInstruction":{"noIndex":false,"noFollow":false},"description":"Au cours des 20 dernières années, il y a eu plusieurs cycles de régularisation fiscale, et les gens continuent de régulariser. La quatrième et dernière possibilité de régularisation légale expirera toutefois à la fin de cette année. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?"},"mainHeaderZone":{"componentType":"editorialHeader","coreHeader":{"title":"Fin de la régularisation fiscale ?","subtitle":"Au cours des 20 dernières années, il y a eu plusieurs cycles de régularisation fiscale, et les gens continuent de régulariser. La quatrième et dernière possibilité de régularisation légale expirera toutefois à la fin de cette année. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?"},"backLink":{"textLink":{"url":"/fr/private-banking/publications/actualite-juridique-et-fiscale","text":"Actualité juridique et fiscale"}},"date":"2023-03-31","readingTime":5},"flexZone":{"flexComponents":[{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p><span><span><strong>Régularisation fiscale</strong></span></span></p><p><span><span>En 2004, pour la première fois, il était possible (unique à l’époque) d’avouer ses « péchés fiscaux » et d’éviter d’autres poursuites fiscales et pénales en payant une contribution unique de 6 % ou 9 % (au lieu de l’impôt éludé) et une amende. En raison de son grand succès (pour les caisses de l’État), deux autres cycles de régularisation « ponctuelle » ont été organisés les années suivantes et, en 2016, un <strong>système « permanent » de régularisation fiscale et sociale </strong>a finalement été mis en place.</span></span></p><p><span><span>Il y a plusieurs raisons pour lesquelles, après toutes ces années, certaines personnes décident encore de régulariser leurs revenus et capitaux non déclarés :</span></span></p><ul><li><span><span>En raison de la réglementation particulièrement stricte en la matière, les banques ne sont pas autorisées à accepter des sommes d’argent dont l’origine ne peut être prouvée. Ainsi, lorsqu’elles acceptent des fonds en provenance de  l’étranger, elles sont tenues d’effectuer une « due dilligence » sur ces fonds, en tenant compte des éléments fiscaux ;</span></span></li><li><span><span>Les restrictions légales sur les paiements en espèces ;</span></span></li><li><span><span>L’échange international de données qui garantit que l’argent ne peut plus être « caché » à l’étranger aux autorités fiscales ;</span></span></li><li><span><span>Des fuites de données internationales de grande envergure, largement relayées dans les médias, ont mis en lumière des capitaux qui se trouvaient à l’étranger et ont montré que les secrets financiers ne sont plus vraiment en sécurité nulle part ;</span></span></li><li><span><span>Sous certaines conditions, les autorités fiscales ont accès à la base de données des comptes bancaires belges et ont ainsi une vue sur les soldes des comptes bancaires existants.</span></span></li></ul><p><span><span>La régularisation s’effectue en soumettant une <strong>déclaration de régularisation auprès du Point de contact des Régularisations</strong>. Le Point de contact examine la déclaration et demande le paiement de l’impôt éludé ainsi qu’une amende. En contrepartie, la personne qui a introduit la déclaration de régularisation reçoit une « attestation de régularisation » prouvant que les sommes déclarées ont été régularisées, sont donc « propres » et peuvent être intégrées dans l’économie normale.</span></span></p><p> </p><p><span><span><strong>Qui peut régulariser ?</strong></span></span></p><ul><li><span><span>Les personnes physiques ;</span></span></li><li><span><span>Les sociétés et les ASBL ;</span></span></li><li><span><span>Les sociétés civiles ;</span></span></li><li><span><span>Les associations sans personnalité juridique ;</span></span></li><li><span><span>Les entités étrangères soumises à l’impôt belge des non-résidents ;</span></span></li><li><span><span>Les structures juridiques soumises à la taxe Caïman.</span></span></li></ul><p> </p><p><span><span><strong>Pour quels impôts ?</strong></span></span></p><p><span><span>Cette forme de régularisation fiscale n’est ouverte qu’aux <strong>impôts fédéraux</strong> et aux cotisations de sécurité sociale, et non aux impôts régionaux (y compris les droits d’enregistrement et de succession). Concrètement, cela concerne principalement de :</span></span></p><ul><li><span><span>L’impôt des personnes physiques ;</span></span></li><li><span><span>L’impôt des sociétés ;</span></span></li><li><span><span>L’impôt des personnes morales (notamment pour les ASBL) ;</span></span></li><li><span><span>L’impôt des non-résidents ;</span></span></li><li><span><span>La TVA ;</span></span></li><li><span><span>Les impôts prévus dans le « Code des droits et taxes divers » (par exemple, la taxe boursière) ;</span></span></li><li><span><span>Les cotisations de sécurité sociale.</span></span></li></ul><p><span><span>Toutefois, dans un certain nombre de cas, la régularisation n’est pas possible :</span></span></p><ul><li><span><span>Pour les fonds provenant d’une infraction de blanchiment d’argent (il existe des exceptions si l’infraction sous-jacente est une fraude fiscale « grave », un abus de biens sociaux ou un abus de confiance) ;</span></span></li><li><span><span>Les revenus provenant du terrorisme, du trafic d’armes, de la traite des êtres humains, de la contrefaçon, de l’escroquerie, etc ;</span></span></li><li><span><span>Lorsque, avant le dépôt de la déclaration de régularisation, le déclarant a été informé par écrit d’une enquête en cours sur ses agissements et que la justice, l’administration fiscale, une institution de sécurité sociale, l’inspection sociale ou le SPF économie ont été informés ;</span></span></li><li><span><span>Si une déclaration de régularisation a déjà été déposée par le déclarant sous le même régime juridique.</span></span></li></ul><p><span><span>La procédure de régularisation est ouverte pour : </span></span></p><ul><li><span><span>Les <strong>revenus, sommes et opérations TVA non</strong> <strong>prescrits</strong> : il s’agit des revenus, sommes et opérations qui pourraient encore être taxés par l’administration fiscale, par l’application du délai d’imposition prolongé en cas de fraude (la taxation des revenus se prescrit en principe après sept ans) ;</span></span></li><li><span><span>Les <strong>capitaux prescrits</strong> : il s’agit des capitaux que le fisc ne peut plus taxer au moment du dépôt de la déclaration de régularisation, car le délai d’imposition a déjà expiré (mais qui peuvent encore être poursuivi pénalement).</span></span></li></ul><p> </p><p><span><span><strong>Combien coûte la régularisation ?</strong></span></span></p><p><span><span><strong>Revenus non prescrits</strong></span></span></p><p><span><span>Les revenus fiscalement non prescrits sont, en principe, imposés à leur taux <strong>d’imposition normal, majoré de 25 %</strong>. </span></span></p><p><span><span>Concrètement :</span></span></p><table style=\"width:552.333px\"><thead><tr><th style=\"width: 157px;\"><p><strong><span><span>Revenus non prescrits</span></span></strong></p></th><th style=\"width: 88px;\"><strong>Tarif normal</strong></th><th style=\"width: 104px;\"><strong>Augmentation</strong></th><th style=\"width: 186px;\"><strong>Taux de régularisation</strong></th></tr></thead><tbody><tr><th style=\"width: 157px;\"><strong>Intérêts</strong></th><td style=\"width:88px\">30%</td><td style=\"width:104px\">25%</td><td style=\"width:186px\">55%</td></tr><tr><th style=\"width: 157px;\"><strong>Revenus professionnels</strong></th><td style=\"width:88px\">50%</td><td style=\"width:104px\">25%</td><td style=\"width:186px\">75%</td></tr><tr><th style=\"width: 157px;\"><strong>TVA</strong></th><td style=\"width:88px\">21%</td><td style=\"width:104px\">25%</td><td style=\"width:186px\">46%</td></tr></tbody></table><p><span><span><strong>Revenus prescrits</strong></span></span></p><p><span><span>Pour les revenus fiscalement prescrits, la taxe de régularisation s’élève à <strong>40 %</strong> sur le capital.</span></span></p><p> </p><p><span><span><strong>Conséquences fiscales et pénales</strong></span></span></p><p><span><span>Pour une somme régularisée, on obtient <strong>une immunité fiscale</strong>. Cela signifie que l’autorité fiscale fédérale ne peut plus imposer les revenus déclarés, et ne peut donc plus imposer de majorations d’impôt, d’amendes fiscales ou d’intérêts de retard. En ce qui concerne les revenus régularisés, un contrôle fiscal n’est pas non plus possible.</span></span></p><p><span><span>Par ailleurs, la régularisation confère également au déclarant <strong>une immunité pénale</strong> pour les sommes régularisées. En d’autres termes, il ne peut plus être poursuivi pénalement pour des infractions fiscales ou pour du blanchiment d’argent.</span></span></p><p> </p><p><span><span><strong>La fin est en vue !</strong></span></span></p><p><span><span>Bien que le régime de régularisation soit devenu « permanent » en 2016, le gouvernement a quand même décidé d’y mettre fin à partir du 1er janvier 2024. Les déclarations de régularisation déposées jusqu’au 31 décembre 2023 seront toujours traitées par le Point de contact des Régularisations, même si la régularisation effective (le paiement) n’aura lieu que plus tard et que l’attestation de régularisation ne sera délivrée qu’après le 31 décembre 2023 (c’est la <strong>date d’introduction du dossier</strong> qui compte !). L’objectif n’est pas d’organiser un nouveau cycle de régularisation par la suite (comme cela s’est souvent produit dans le passé,). En d’autres termes, ce serait vraiment terminé...</span></span></p><p><span><span>Selon le Ministre des Finances, après le 31 décembre 2023, aucune régularisation « administrative » (via le bureau des impôts local) ne sera plus possible (voir également ci-dessous pour les impôts régionaux).</span></span></p><p> </p><p><span><span><strong>Droits d’enregistrement et de succession ?</strong></span></span></p><p><span><span>Comme nous l’avons vu plus haut, le régime abordé s’applique uniquement aux impôts fédéraux, mais pas aux droits d’enregistrement et de succession, notamment. En effet, depuis début 2021, les impôts régionaux n’entrent plus en ligne de compte pour cette régularisation légale. </span></span></p><p><span><span>Il serait cependant possible, en matière de droits d’enregistrement et de succession, de procéder à une régularisation par voie administrative, même si la possibilité légale de le faire n&apos;existe plus. Cette régularisation administrative serait également possible pour les capitaux fiscalement prescrits. Il n’existe pas d’instructions écrites officielles et l’administration fiscale elle-même n’en fait pas trop la publicité, mais le régime permettrait de payer la taxe normale sur les sommes régularisées, majorée de 20 %. Après le paiement, l’administration fiscale émettrait une sorte de « certificat de décharge » prouvant que les sommes déclarées ont été régularisées.  </span></span></p><p> </p><p><span><span><strong>Intervention d’un avocat</strong></span></span></p><p><span><span>Si vous souhaitez régulariser en 2023, il est préférable de consulter un avocat fiscaliste. Celui-ci connaît parfaitement la procédure applicable et peut souvent l’examiner au préalable avec le Point de contact afin d’introduire la demande de régularisation sans problème ni « surprise ».</span></span></p><p><strong><span><span>Conclusion :</span></span></strong></p><ul><li><span><span>Une demande de régularisation valable peut encore être introduite jusqu’au 31 décembre 2023, même si le paiement et la délivrance de l’attestation de régularisation n’interviendront qu’ultérieurement. </span></span></li><li><span><span>Cette régularisation légale n’est possible que pour les impôts fédéraux (impôt des personnes physiques et des sociétés, TVA,...). Il est préférable que la demande soit introduite par l’intermédiaire d’un avocat.</span></span></li><li><span><span>Pour les impôts régionaux (principalement, les droits d’enregistrement et de succession), une régularisation légale n’est plus possible depuis 2021. Il semble, toutefois, que la régularisation soit encore possible via une procédure administrative auprès de l’administration régionale. Un supplément de 20 % serait dû en plus de la taxe normale.</span></span></li></ul>"}}]}}}