{"type":"document","data":{"id":"8f3d9a70-9d31-4fe1-b7c3-77fd1c4c4a3d","localeString":"fr-BE","publishDate":"2023-02-15T13:32:51.684+01:00","contentType":"onecms:editorialPage","hasMacro":false,"flexPageMetadata":{"afmBanner":false,"robotInstruction":{"noIndex":false,"noFollow":false},"description":"Les cryptomonnaies et le Bitcoin peuvent-ils remplir la fonction de monnaie à savoir: agir comme moyen d'échange, être une unité de compte et pouvoir servir de réserve de valeur ?"},"mainHeaderZone":{"componentType":"editorialHeader","coreHeader":{"title":"Le Bitcoin est-il vraiment une monnaie ?","subtitle":"Les cryptomonnaies et le Bitcoin font régulièrement l’actualité, souvent quand leur valeur atteint des sommets ou quand elle chute lourdement.","body":"Mais au fond, comment fonctionnent les cryptomonnaies ? Décryptage dans notre grande série sur le sujet."},"backLink":{"textLink":{"url":"/fr/particuliers/actus/economie-et-marches-financiers","text":"Actus"}},"date":"2019-05-18","readingTime":5,"authorInfo":{"authorName":"Charlotte de Montpellier","jobTitle":"Senior économiste - ING Belgique","intro":"Membre du département de recherche économique d'ING.","image":{"transformBaseUrl":"https://assets.ing.com/transform/8289bb9f-ff52-4e37-9a17-2574b0d7c3f9/Charlotte-De-Montpellier","type":"image","width":1920,"original":"https://assets.ing.com/m/6e8b64cbec65c8ef/original/Charlotte-De-Montpellier.jpg","extension":"jpg"}}},"flexZone":{"flexComponents":[{"componentType":"sectionTitle","title":"Qu'est-ce qu'une monnaie ?"},{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p>Pour être considéré comme de la monnaie, il faut pouvoir remplir trois fonctions :</p><ol><li>agir comme moyen d’échange,</li><li>être une unité de compte et</li><li>pouvoir servir réserve de valeur.</li></ol><p>Le Bitcoin a, dans une faible mesure, réussi à servir comme <strong>moyen d’échange</strong> <strong>car certains magasins ou commerçant les acceptent comme moyen de payer les transactions. </strong>Mais le Bitcoin n’est pas parvenu à se placer sur un pied d’égalité avec les devises traditionnelles car le prix, par exemple, est encore souvent exprimé en devise de référence, comme l’euro. Comme le dit la Banque Nationale de Belgique (BNB), « il n’existe pas pour l’argent virtuel de garantie légale qu’il puisse être échangé directement à sa valeur initiale ». Les commerçants peuvent donc refuser d’être payé en bitcoins contrairement à aux monnaies qui ont un « cours légal », comme l’euro par exemple, que personne ne peut refuser. En outre, le prix en bitcoins est souvent mis à jour, ce qui implique qu’une fois le montant encaissé, la transaction est souvent directement convertie en euro ou dans une autre devise traditionnelle. La raison est la grande volatilité de la valeur du bitcoin et la nécessité pour les commerçants d’obtenir des revenus relativement stables.</p><p>La volatilité extrême des bitcoins nous amène à la deuxième fonction, celle d’unité de compte.<strong> La valeur d’une monnaie doit être fixe afin que nous puissions exprimer les biens et services en unité monétaire</strong>. Aujourd’hui comme la semaine prochaine, une couque au chocolat coûte 1,50 euro. Comme la valeur du bitcoin varie fortement par rapport aux monnaies traditionnelles, il est possible que vous deviez fournir peu ou beaucoup de bitcoins pour acheter une couque au chocolat la semaine prochaine, car le commerçant cherche à obtenir un revenu stable. Il est donc difficile d’utiliser les bitcoins comme unité de compte.</p><p>La troisième fonction d’une monnaie est de pouvoir servir <strong>de réserve de valeur</strong>, <strong>c’est-à-dire qu’il doit être possible de conserver de la monnaie pour faire des achats dans le futur.</strong> Les utilisateurs doivent donc avoir confiance dans la persistance de sa valeur et ne pas craindre une perte de valeur imprévisible. La fonction n’est efficace que si la valeur de l’argent reste relativement stable, ce qui n’est pas le cas du Bitcoin qui n’est donc pas une valeur refuge. Le Bitcoin ne répond donc qu’à une seule des fonctions d’une monnaie, et encore, dans une très faible mesure. Sa forte volatilité le rend impropre aux rôles d’unité de compte et de réserve de valeur. </p>"}},{"componentType":"sectionTitle","title":"Une alternative au système de paiement traditionnel"},{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p>Malgré ces difficultés et grâce à la combinaison innovante des technologies numériques existantes, le Bitcoin a été salué par certains comme une alternative au système de paiement traditionnel. <strong>Le système étant décentralisé, des intermédiaires tels que les banques et la banque centrale ne sont plus nécessaires.</strong> Néanmoins, la réalité s’est révélée plus difficile que la théorie. Les utilisateurs du Bitcoin ont découverts que des logiciels décentralisés ne débouchent pas nécessairement sur des marchés décentralisés, car les transactions en bitcoins demandent une telle puissance informatique qu’elles ne peuvent être traitées que par un faible nombre de personnes qui possèdent la technologie suffisante.</p><p>D’ailleurs, une des conséquences souvent ignorée du « minage » des bitcoins est la<strong> forte consommation d’énergie nécessaire</strong> et la hausse de la consommation mondiale d’électricité qui a découlée de la popularité du Bitcoin. Ainsi, en 2018, le « minage » du Bitcoin consommait plus d’énergie que l’électricité consommée annuellement par des pays comme l’Irlande, le Portugal ou le Pérou.</p><p><strong>Un autre souci du Bitcoin vient du temps nécessaire à effectuer une transaction. </strong>Si les systèmes de paiement habituels tels que Visa sont capables d’effectuer 1 667 transactions par second, le Bitcoin n’est capable de réaliser qu’un maximum de 3 à 4 transactions par second. Du coup, quand il y a beaucoup de monde qui souhaitent faire une transaction, le temps d’attente pour la confirmer peut durer plusieurs heures, jusqu’à 12h parfois. Le Bitcoin est donc un moyen de paiement lent et inefficace, car son coût énergétique est élevé. </p><blockquote><p>En 2018, le « minage » du Bitcoin consommait plus d’énergie que l’électricité consommée annuellement par des pays comme l’Irlande, le Portugal ou le Pérou.</p></blockquote>"}},{"componentType":"sectionTitle","title":"Fiabilité du système ?"},{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p>Par ailleurs, si la cryptographie, les Blockchain et les registres distribués sont utiles pour permettre d’avoir confiance dans les autres membres du réseau, ils sont encore loin d’être en mesure de remplacer l’autorité centrale des systèmes de paiement classiques. En effet, avec le Bitcoin, il n’y a aucun recours possible en cas de paiement au mauvais expéditeur ou de double paiement. En cas de perte de la « clé », les bitcoins sont définitivement perdus, et l’utilisateur ne peut pas simplement appeler sa banque pour obtenir une nouvelle carte.</p>"}},{"componentType":"sectionTitle","title":"Effet déflationniste"},{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p>Notons également que, avec le Bitcoin, le rôle d’une politique monétaire est complètement ignoré. La création monétaire est déterminée a priori et est fixe. Or, l<strong>a politique monétaire a pour mission de viser la croissance de la masse monétaire afin de stimuler l’activité économique tout en maîtrisant l’inflation. </strong>S’il n’y a pas de banque centrale pour contrôler la masse monétaire, personne ne peut intervenir en cas de flambée de l’inflation ou déflation. Sans politique monétaire, la conjoncture deviendrait plus volatile, avec de plus fortes surchauffes de l’économie et des récessions plus dures. Un autre problème est qu’<strong>une économie basée sur le Bitcoin aurait un effet déflationniste.</strong> Cela tient au fait que la quantité totale de bitcoins est déterminée et ne peut croître avec l’économie. Cela peut engendrer différents problèmes. Par exemple, quand les taux sont au plus bas, les forces déflationnistes poussent les taux réels à niveau trop élevé, ce qui pourrait mettre l’économie dans un état permanent de stagnation. </p>"}},{"componentType":"sectionTitle","title":"Conclusion"},{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p>Pour conclure, on ne peut pas dire que le Bitcoin ou les autres cryptomonnaies sont réellement des monnaies. Comme le dit Mario Draghi, le Président de la Banque Centrale Européenne (BCE) « «Les cryptomonnaies ou les bitcoins, ou les autres choses du genre, ne sont pas vraiment des monnaies, ce sont des actifs. Un euro, c’est un euro - aujourd&apos;hui, demain, dans un mois - c’est toujours un euro. Et la BCE est derrière l&apos;euro. Qui est derrière les cryptomonnaies ? Ce sont donc des actifs très, très risqués. »</p>"}},{"componentType":"sectionTitle","title":"En savoir plus ?"},{"componentType":"paragraph","richBody":{"value":"<p></p>"},"textLinks":[{"url":"/fr/particuliers/actus/economie-et-marches-financiers/cryptomonnaie-definition","text":"Comment fonctionnent les cryptomonnaies ?"},{"url":"/fr/particuliers/actus/economie-et-marches-financiers","text":"Suivez nos updates économiques en consultant régulièrement notre page \"Économie\"."}]}]},"complementaryZone":{"flexComponents":[{"componentType":"sectionTitle","title":"À découvrir aussi !"},{"componentType":"cards","cards":[{"componentType":"articleCard","cardType":"article","cardSize":"medium","title":"Comment fonctionnent les cryptomonnaies ?","body":"Découvrez notre série 1/3","image":{"transformBaseUrl":"https://assets.ing.com/transform/554b6a10-76b9-47ee-ba88-a0980559cfd8/cryptocurrency-definition-1920","type":"image","width":1920,"original":"https://assets.ing.com/m/2df526137967ff1b/original/cryptocurrency-definition-1920.jpg","extension":"jpg"},"date":"2019-05-24","link":{"url":"/fr/particuliers/actus/economie-et-marches-financiers/cryptomonnaie-definition"}}]}]}}}